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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 12:43

EN AVANT ...  DOUTE !

 

Le Paradoxe est une chose qui heurte le bon sens. C’est un contresens, une absurdité. Et, paradoxalement, cette singularité est devenue pour nous une chose normale à force de la trouver et de la vivre partout, dans tous les secteurs et à tous les niveaux. Qu’en en juge par les choses suivantes et leurs contraires :

 

- On parle de progrès et de réalisations ultramodernes dans les postes et télécommunications alors qu’une lettre met encore aujourd’hui dix jours pour couvrir une distance de 50 km ; une tortue, elle, mettrait huit jours pour parcourir le même trajet.

 

- On inonde le marché d’articles inutiles importés alors que les produits de première nécessité... Autrement dit, on baigne dans le superflu et on nage dans le « superflou ».

 

- On avance des statistiques généreuses pour convaincre que notre système éducatif est une réussite totale. Or, le niveau de l’écolier continue de baisser à cause de l’école liée.

 

- On déclame avec un orgueil démesuré que notre pays aux mille et une facettes, avec ses 1200 km de côtes, son Sahara, ses montagnes, ses forêts, son soleil... est une aubaine en matière de tourisme. Or, la vue de ces paysages abandonnés réveille en nous une douleur qu’on peut appeler crise de « la peine des sites ».

 

- On explique que pour sortir du sous-développement, il faut que l’objectivité, la transparence et la compétence l’emportent sur la subjectivité, la fausseté et l’incapacité, c’est-à-dire qu’il faut mettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Or, lorsqu’on se rend à la place, on ne trouve pas l’homme ; et lorsqu’on trouve l’homme, on s’aperçoit qu’il n’est pas à sa place.

 

- On assure que les problèmes concernant le travail et l’agriculture qui sont les premières richesses d’un pays sont une préoccupation de tous les instants des instances. Or, le chômage est partout, et partout il n’y a pas de chaumage.

 

- On prétend que la prise en charge des malades et la lutte contre les maladies sont une priorité permanente. Or, la typhoïde, le choléra, la tuberculose etc. - maladies moyenâgeuses – complètement éradiquées dans le monde, ont trouvé chez nous un terrain favorable pour réapparaître et faire des ravages. Ainsi, ces troubles pathologiques sont devenues ici des maladies « pas trop logiques ».

 

- On annonce que l’avalanche des augmentations des prix n’aura qu’une incidence toute relative sur le pouvoir d’achat des citoyens, et que les travailleurs verront bientôt leurs situations financières améliorées. Or, ces derniers – bien derniers – asphyxiés par le col très serré de leur « chemise budgétaire » constatent, au contraire, que leur salaire diminue et que le sale air augmente.

 

- On s’enorgueillit d’avoir réussi un taux d’électrification dépassant les prévisions, que le village le plus reculé reçoit le précieux jus qui est synonyme de bien-être, de progrès. Or, les pannes d’électricité sont devenues presque rituelles, les désagréments qui en résultent sont devenus un phénomène courant qui fait péter les plombs de l’usager. Et chaque fois que celui-ci disjoncte, il est pris dans une sarabande de va-et-vient sans trouver le fil conducteur qui arrêtera son long circuit.

 

- On déclare que tous les moyens humains et matériels sont mis en œuvre pour permettre au sport de prendre son envol, et de donner à la jeunesse l’occasion d’extérioriser ses prédispositions et d’étaler ses performances. Or, les règles du « je » n’ont pas changé, la réalité n’a pas encore dépassé la friction.

 

- On affirme que la culture, ensembles des connaissances qui permettent de développer le sens critique, le goût, le jugement, est une source qu’il faut soutenir et promouvoir pour garantir les développements intellectuel et économique. Or, dans les salles sales sombres, on fait du ciné mat ; dans les théâtres en pièces, on joue des comédies à sans acte ; dans les librairies et dans les bibliothèques vides, à la place de la lecture on est pris par un besoin de l’ire.

 

Le champ des contradictions est vaste, à vous de compléter la liste. Mais que faut-il faire pour changer tout cela ? A notre avis, il faudrait que la bonne voie l’emporte sur la mauvaise voix, l’écrit sur les cris, la connaissance sur les « connaissances », la conduite toujours à droite sur la conduite à gauche même adroite.

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Published by Lem - dans Culture
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